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Façonner de meilleurs systèmes d’information sur la santé

Craig Kuziemsky

La complexité et les coûts grandissants du système de soins de santé rendent la trajectoire incertaine. Comment les avancées dans la prestation des soins de santé se matérialiseront-elles au vu des pressions du marché du travail et du besoin accru de services? La solution réside en partie dans les technologies de l’information sur la santé (TIS), qui, soutient-on depuis longtemps, seront l’un des facteurs clés de l’amélioration de la prestation des soins aux patients et de la transformation des soins de santé.

Mais cette vision optimiste des technologies masque une réalité troublante : les nombreux problèmes résultant de la mise en œuvre des TIS. Craig Kuziemsky, de l’école Telfer, dit que les conséquences imprévues telles que les problèmes de communication, la création de travail inédit ou supplémentaire, voire l’occurrence d’événements indésirables tels que des erreurs médicales, sont à ce point monnaie courante à l’étape de la mise en en œuvre que d’aucuns se demandent si les TIS tiendront un jour leur promesse.

Réaliser le potentiel de la technologie

Bien que l’interopérabilité soit à la base de la prestation intégrée des soins de santé, la plupart des travaux effectués à ce jour n’ont pas traité de la question de l’interrelation des personnes et des processus qui font appel aux TIS. Pour combler cet écart, les décideurs des soins de santé devront s’intéresser de plus près aux processus opérationnels sous-tendant les TIS, soutiennent le professeur Kuziemsky et son collègue, le professeur Liam Peyton, de l’École de science informatique et de génie électrique.

Les chercheurs ont récemment élaboré un cadre à partir des résultats d’une étude de cas de deux ans d’un système d’information sur les soins palliatifs à Ottawa, dans laquelle ils démontrent que la mise en œuvre du système a causé trois catégories de problèmes d’interopérabilité des processus : de prestation des soins, de pratiques cliniques et administratives. Ils ont également découvert que bon nombre de ces difficultés sont apparues avec le temps et que les solutions mises au point pour en régler certaines en ont subséquemment causé d’autres.

Adopter une perspective plus large quant à l’interopérabilité

L’une des principales difficultés provenait de l’automatisation des processus dans plus d’un groupe d’utilisateurs tels que les cliniciens et les administrateurs. Ainsi, et les exemples sont nombreux, les administrateurs subissaient la pression croissante d’avoir à fournir des données justificatives et de gestion du rendement, ce qui alourdissait souvent la charge de travail des cliniciens de première ligne devant recueillir les données nécessaires à l’interopérabilité des processus administratifs.

Les résultats contradictoires témoignent de l’effet perturbateur des TIS. « En même temps, notre capacité à mettre en œuvre les TIS sera définie par la manière dont nous gérerons ces perturbations », déclare le professeur Kuziemsky. Bien qu’il soit difficile de mettre en œuvre les TIS, constate-t-il, « tous nos groupes d’intervenants estimaient que les TIS avaient le potentiel d’améliorer grandement les processus cliniques tels que la prise en charge des patients ou les processus administratifs tels que la surveillance et la production de rapports. »

Une étroite interaction entre la technologie, les processus et les personnes

Les constatations de cette étude fournissent le premier cadre tangible consacré exclusivement à l’interopérabilité des processus, ce qui en guide pratiquement l’évaluation par les concepteurs et les fournisseurs de TIS. « Je conseille aux gens ou aux organisations qui mettent en œuvre les TIS de prendre ces constatations au sérieux », a déclaré le professeur Kuziemsky. « La plupart des modèles de TIS parlent très peu d’interopérabilité des processus. L’interopérabilité est plus généralement étudiée d’un point de vue technique ou sémantique.

« Mais pour que les TIS soient un véritable moteur de transformation des soins de santé, nous devrons concevoir des systèmes beaucoup plus sensibles à l’écosystème des soins de santé au sein duquel interagissent les technologies, les processus et les personnes. »

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