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Dans son récent article « Sleepwalking into Catastrophe: Cognitive Biases and Corporate Climate Change Inertia », publié dans la California Management Review, la professeure Daina Mazutis aborde un sujet chaud : les changements climatiques.

Tout le monde a déjà entendu parler des changements climatiques et de leurs effets sur le futur de la planète, mais que font les dirigeants des grandes entreprises ? Malgré de nombreuses preuves documentant les conséquences financières graves que les changements climatiques peuvent avoir sur les entreprises, il semble que seulement 29 % d’entre elles considèrent cet enjeu comme étant est « assez ou très urgent ». Comment expliquer cette perception? Et l’immobilisme qui en découle ?

La question de l’inaction à l’égard des changements climatiques est beaucoup plus compliquée qu’elle en a l’air. C’est en tout cas ce que croit la professeure Mazutis. Dans son étude, elle fait valoir que, des a priori cognitifs se faufilent dans le processus décisionnel et ceux-ci représentent l’une des raisons derrière l’inaction des entreprises vis-à-vis des changements climatiques. Un a priori cognitif se manifeste lorsqu’une personne a une fausse perception de la réalité en raison de croyances subjectives. Ainsi, les a priori cognitifs qui interviennent dans le processus décisionnel font en sorte que les dirigeants ne prennent pas les décisions stratégiques qui s’imposent sur le plan environnemental.

Les changements climatiques constituent une responsabilité morale selon la professeure Mazutis. Par contre les dirigeants ne les voient pas ainsi. Ceci explique le fossé entre les problèmes et les solutions. Les dirigeants prennent leurs décisions de façon stratégique, mais leurs a priori cognitifs les empêchent de prendre en considération les résultats les plus bénéfiques pour l’avenir du climat. Cette information doit être communiquée aux dirigeants d’entreprises, aux principaux actionnaires et aux spécialistes en changements organisationnels.

La professeure Mazutis a beaucoup de solutions à proposer. En effet, l’article défini trente différentes stratégies d’atténuation qui vise à lutter contre les a priori cognitifs. Par exemple, l’a priori cognitif survient quand un problème est difficile à croire ou à comprendre, surtout si on ne l’a jamais vu ou vécu. Elle propose donc aux acteurs concernés de visiter les lieux où les populations sont directement touchées par les changements climatiques. Elle leur suggère aussi de changer leur façon de penser. Par exemple, si, au lieu de dire : « Qu’est-ce que nous pourrions faire pour lutter contre les changements climatiques ? », nous disions : « Qu’est-ce que nous devrions faire pour lutter contre les changements climatiques ? », nous contribuerions à stimuler les mentalités et les processus de prises de décisions dans leur ensemble.

Bien que les a priori cognitifs soient présents partout, en tenir compte ne suffit pas. Les entreprises doivent aller au-delà et implanter des stratégies d’atténuation. Pour se faire, il faudra avoir l’aide des spécialistes en changements organisationnels. Certaines entreprises prennent déjà des mesures stratégiques sur le plan environnemental, espérons que la majorité les imiteront ! 


Pour en savoir plus sur l’étude :

Mazutis, D. et A. Eckardt (2017). « Sleepwalking into Catastrophe: Cognitive Biases and Corporate Climate Change Inertia », California Management Review, publié en ligne le 25 mai 2017, journals.sagepub.com/doi/10.1177/0008125617707974 [en anglais seulement].

© 2018 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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