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Si le télétravail facilite parfois la conciliation travail-famille, une étude récente publiée dans le Journal of Organizational Behavior démontre qu’il peut aussi avoir l’effet contraire – surtout lorsqu’il s’agit d’une modalité de travail imposée.

Sous la supervision de M. Laurent Lapierre, professeur à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa, une équipe de recherche s’est penchée sur le cas de 251 employés obligés à travailler principalement de la maison. L’équipe a suivi ces employés avant et après la récente entrée en vigueur d’une politique de leur employeur, laquelle avait pour objectif de réaliser des économies en éliminant l’accès à un espace de travail centralisé. Les employés – tous des professionnels de la vente dans le domaine financier – ont été sondés un mois avant la transition, trois mois après celle-ci, puis un an après le changement.

L’étude avait pour but d’évaluer si les employés se trouvent plus souvent en situation de conflit travail-famille (où les exigences professionnelles interfèrent avec les obligations familiales) lorsqu’ils sont obligés à travailler davantage à domicile. « Plusieurs études ont démontré un lien entre la hausse des conflits travail-famille et une diminution du taux de satisfaction, une baisse de rendement, des conséquences néfastes sur la santé et une hausse du taux de roulement », affirme M. Lapierre. Son équipe de recherche a quant à elle remarqué une hausse significative des conflits travail-famille lorsque les employés travaillent involontairement de chez eux.

Selon les résultats de l’étude, certains employés étaient particulièrement touchés par le phénomène. La multiplication des conflits était surtout observée chez les personnes qui, avant l’entrée en vigueur de la nouvelle politique, avaient mis en doute leur capacité à bien concilier leurs obligations professionnelles et familiales. À l’opposé, les employés qui s’estimaient plus à même de concilier travail et famille ne constataient aucune fluctuation des conflits de ce type lorsqu’on les obligeait à travailler plus souvent de la maison.

Compte tenu de ces résultats, M. Lapierre recommande la prudence aux entreprises qui souhaitent mettre en place une politique qui contraint leurs employés à travailler de la maison. Les difficultés engendrées par une telle mesure pourraient bien faire de l’ombre aux économies réalisées.

Le professeur exhorte également les gestionnaires à renforcer la confiance de leurs employés en leur capacité à concilier famille et travail. Il recommande d’offrir des conseils adaptés aux besoins de chacun, de présenter des exemples de réussite en matière de conciliation et de souligner les efforts accomplis par les employés pour atteindre un équilibre entre leurs responsabilités personnelles et professionnelles. De cette façon, tous pourront tirer le meilleur parti du télétravail – que celui-ci soit imposé ou non.

© 2018 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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