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Jonathan Li

Quantifier avec précision les risques financiers exigera des outils de mesure novateurs, déclare le professeur Jonathan Li.

Les preuves s'accumulent : les méthodes actuelles de gestion du risque peuvent encourager les investisseurs à trop risquer et leur donner un faux sentiment de sécurité. Les experts en finance quantitative avaient recours à des modèles qui ne reflétaient pas adéquatement le comportement humain; des instruments qui dissimulaient la réalité du risque financier à l’approche de la crise financière de 2007 à 2009. Son objectif premier étant de parfaire les mesures conventionnelles du risque, le professeur Jonathan Li cherche à combler l’écart entre la théorie et la pratique de la gestion du risque en finance quantitative.

Il est impératif pour qui veut gérer le risque financier, qu’il s’agisse d’un gestionnaire financier et d’un titulaire de compte, d’un gestionnaire de portefeuille et d’un client ou d’un directeur de banque et d’une partie intéressée, d’en arriver à un consensus sur le sens à donner à la tolérance au risque. Or, amener deux parties à préciser ce qu’elles entendent concrètement par risque, et par consensus de surcroît, est beaucoup plus ardu qu’on ne l’imagine. Ce problème, comme l’a également constaté la presse économique, continue d’irriter les gestionnaires financiers et d’encourager l’instabilité financière. D’où l’urgence d’élaborer une mesure des risques favorisant l’atteinte d’un tel consensus.

« Les nouvelles mesures du risque doivent aller plus loin que des modèles mathématiques classiques », déclare le professeur Li. « Nous ne faisons pas définitivement une croix sur les quantiques. Nous disons plutôt que leurs modèles ne tiennent pas dûment compte de la tolérance réelle des gens au risque. Nous devons vraiment nous attaquer à la question, sinon l’occasion de tirer les bonnes leçons de la crise financière s’envolera.

« Au lieu de servir aux fins prévues, les modèles actuels de mesure du risque ont tendance à ne faire que le minimum requis par les organismes de réglementation. La position du secteur financier est “qui ne risque rien n’a rien”. Mais comment définit-on ce qu’est un risque acceptable? Les risques ne devraient pas causer tant de surprises. »

La solution prétendument sans risque peut, au contraire, se révéler très périlleuse pour un client, selon le professeur Li. La question est alors de savoir comment élaborer une mesure du risque qui touche aux limites de la tolérance au risque sans toutefois les dépasser.

À l’aide d’outils d’analytique décisionnelle tels que l’optimisation et l’apprentissage statistique, le professeur Li et son collègue révèlent pour la première fois que l’on peut tenir précisément compte de la tolérance au risque d’un investisseur au moment de comparer et d’optimiser les décisions financières. Leur méthodologie, décrite dans Management Science, qui figure au classement des 50 revues du Financial Times, permet de prendre des décisions financières respectant la tolérance individuelle au risque.

Le professeur Li reconnaît que l’« instinct » intervient dans toute décision reposant sur des renseignements incomplets. Ces choix ne devraient toutefois pas être lourdes de risques imprévus.

« L’un n’exclut pas l’autre. On est capable de prendre des décisions intuitives et d’atteindre en même temps un niveau de tolérance au risque acceptable ».

© 2018 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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