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Professeurs Ding, Chen et Ben Amar

Une étude de l’École de gestion Telfer a révélé qu’un ratio de dépenses de programmes plus élevé n’aide pas systématiquement les organismes sans but lucratif (OSBL) canadiens cherchant du financement, ce qui vient renverser les hypothèses courantes.

« Cette conclusion va à l’encontre de la perception de l’incidence des ratios de dépenses de programmes — c.-à-d. le rapport entre les dépenses de programmes déclarées et les dépenses totales », indique le professeur en comptabilité Shujun Ding.

Les OSBL pour qui ce ratio est plus élevé sont perçus comme étant plus responsables, consacrant relativement plus de revenus aux programmes et aux services qu’aux activités administratives et de financement — ils ont donc tendance à plaire davantage aux donateurs. On pourrait donc s’attendre à ce que les gouvernements privilégient systématiquement ces OSBL au moment d’octroyer des subventions.

Ce n’est pourtant pas le cas. Alors que les donateurs mettent l’accent sur la responsabilité, les gouvernements misent davantage sur la fiabilité : ils financent souvent des organismes ayant des ratios administratifs plus élevés.

« Cela démontre que les gouvernements ont une plus grande confiance dans les organismes qui embauchent des gestionnaires professionnels et du personnel qualifié ou qui ont mis à niveau leurs systèmes d’information — voilà tous des éléments qui augmentent les coûts liés à l’administration », explique M. Shujun Ding qui, avec Qiu Chen et Walid Ben Amar, a mené une analyse de 85 398 organismes de bienfaisance de 2003 à 2013. « Donc, dans une certaine mesure, les ratios administratifs plus élevés reflètent le degré de professionnalisme des OSBL ». 

Par ailleurs, les gouvernements ne sont pas fondamentalement différents des donateurs en matière des décisions relatives au financement. Les chercheurs démontrent que les gouvernements, comme la plupart des donateurs avertis, peuvent identifier des faiblesses dans la qualité des informations comptables— devant de telles données douteuses, ils sont moins susceptibles d’accorder le financement sollicité et risquent d’octroyer des montants moins élevés. 

Cette étude témoigne de l’importance de la qualité des informations comptables dans la prise de décision des gouvernements en matière de financement. Les gestionnaires d’organismes de bienfaisance peuvent également en tirer une leçon pratique, souligne le professeur Ding. « Les OSBL qui s’appuient fortement sur les subventions devraient porter une attention particulière à l’amélioration de l’infrastructure administrative et à la stabilité de la prestation des programmes ».

Les chercheurs ont présenté leurs résultats à la 2016 Government and Nonprofit Section Midyear Meeting de l’American Accounting Association. La recherche compte parmi plusieurs projets récemment financés par le Centre de recherche en comptabilité et en gouvernance CPA.

© 2018 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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