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 |  Étiquettes : research, impact, kouame-saoure

Pendant ses études doctorales, au cours desquelles il s’est intéressé aux processus décisionnels d’organismes comme Oxfam et Centraide, professeur Kouamé en a appris beaucoup de ceux et celles qui créent des campagnes pour promouvoir l’élimination de la pauvreté. « Je me suis aperçu que ces organismMes avaient beaucoup de difficulté à attirer l’attention des entreprises », explique-t-il.

Ces organismes de bienfaisance doivent souvent déployer beaucoup d’efforts pour convaincre les entreprises de mettre l’épaule à la roue dans la lutte contre la pauvreté. Ce n’est donc pas une coïncidence si l’objectif des travaux du professeur Kouamé, soutenus par l’École Telfer, est de sensibiliser le milieu des affaires à cet enjeu : « Je voulais accroître la visibilité de la cause de la réduction de la pauvreté. »

Les écueils auxquels se heurtent les campagnes d’élimination de la pauvreté

La pauvreté est partout, même dans des villes relativement riches comme Ottawa. Selon Perspectives Ottawa, de la Fondation communautaire d’Ottawa, l’écart de revenu entre les 10 % gagnant le revenu le plus élevé et les autres citoyens s’est fortement creusé et a augmenté de 185 % au cours des 35 dernières années. Chiffre encore plus révélateur : 12 % des Ottaviens ont un faible revenu et ont de la difficulté à joindre les deux bouts**.

Si le besoin d’aider les communautés défavorisées du Canada se fait de plus en plus criant, les campagnes de financement qui ciblent la pauvreté n’ont malheureusement pas toujours beaucoup de succès et reçoivent peu de soutien des entreprises. La pauvreté est en train de devenir ce que le professeur de l’École de gestion Telfer Saouré Kouamé appelle une « cause orpheline ».

La recherche a montré que les entreprises préfèrent les initiatives philanthropiques qui touchent une corde sensible chez leurs clients et dans les médias, comme le soutien aux écoles, aux hôpitaux ou aux victimes d’une catastrophe naturelle. Leur association à ces causes « visibles » améliorerait la réputation de l’entreprise, ce qui se traduirait en une augmentation des profits.

Mais pourquoi l’élimination de la pauvreté intéresse peu les entreprises ? « La pauvreté est partout. Comme nous la voyons tous les jours, nous sommes désensibilisés. C’est ainsi que la pauvreté devient invisible », explique le professeur Kouamé.

Hélas, au fil du temps, nos émotions devant la pauvreté ne sont plus aussi intenses que lorsque nous voyons au bulletin de nouvelles les images d’un tremblement de terre qui a fait des centaines de victimes. Une campagne visant à construire un nouveau refuge ou à aider des familles à faible revenu risque donc de ne pas donner les résultats escomptés.

Soutenir les organismes philanthropiques

Même si l’étude du professeur Kouamé n’en est qu’à ses premières étapes, elle aura des retombées sur de nombreux plans. Elle ouvrira notamment une fenêtre sur la réalité des collectes de fonds que vivent les organismes philanthropiques et les travailleurs qui tentent d’obtenir le soutien des entreprises pour la moins attirante des causes sociales.

Le professeur Kouamé conseille aux organismes d’être stratégiques. Pour accroître la participation des entreprises aux campagnes qui visent la réduction de la pauvreté, ils doivent se rendre compte que « la responsabilité sociale est maintenant un outil concurrentiel et que, si les dirigeants d’une entreprise estiment que la cause n’augmentera probablement pas sa visibilité, ils ne soutiendront probablement pas la campagne ».

Encourager les changements positifs chez les entreprises

Les travaux du professeur Kouamé visent également à sensibiliser les entreprises, en montrant que celles-ci ont l’occasion de jouer un rôle beaucoup plus important dans la lutte contre la pauvreté :

« Si tout le monde a la cause à cœur et met en œuvre des stratégies en vue d’éliminer la pauvreté, nous améliorerons notre ville pour les citoyens, mais aussi pour les entreprises, qui la trouveront plus attirante. Tout le monde y gagne. »

Professeur Saoure Koume

** 12 % des résidents d’Ottawa ont un revenu inférieur à la Mesure de faible revenu après impôt (MFR-ApI), la médiane du revenu après impôt du ménage observée à l’échelle individuelle.

 


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